La construction – légère et durable

Concevez des détails durables, construisez des façades légères avec peu de verre et omettez les couches inutiles : cinq conseils sur la durabilité, la façade, les fenêtres, les strates et la préfabrication.

Fotos: Andrin Winteler

Concevez des détails durables, construisez des façades légères avec peu de verre et omettez les couches inutiles : cinq conseils sur la durabilité, la façade, les fenêtres, les strates et la préfabrication.

 

10 La longue durée : soixante ans et plus

Une construction qui a une longue durée die vie est une construction respectueuse du climat. Plus un bâtiment dure longtemps, moins de kilogrammes de CO2 seront émis pendant cette période. Cela s’applique à l’échelle de l’urbanisme jusqu’à celle de la vis. La construction doit être durable, flexible et nécessitant peu d’entretien. Séparez les composants qui ont des durées de vie et des fonctions différentes afin que les éléments moins durables puissent facilement être remplacés. Cependant, la durabilité n’est pas un chèque en blanc. Celui qui se concentre uniquement sur cette durabilité, déplacera le problème climatique dans le futur, ce qui est risqué. Les calculs d'énergie grise supposent donc une période d'amortissement de soixante ans au maximum, par exemple pour la structure porteuse. Cela évite que les architectes minimisent l’impact d’une construction très chargée en CO2 en la calculant sur 200 ans. En effet : le calcul est basé sur une année afin de la comparer à l'énergie d’exploitation, alors que les gaz à effet de serre dûs à l’énergie grise sont émis ici et maintenant - jusqu’à la démolition. C’est pourquoi, pour un usage temporaire ou une durée de vie incertaine, une construction moins durable mais à faible émission de CO2 pourrait avoir du sens.
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11 La façade : légère et durable

Beaucoup d'architectes n’aiment pas l'entendre, mais le principe à appliquer pour les façades est le suivant : concevoir une peau plutôt qu’une carapace. Pour les enveloppes cela signifie : « durable et peu de masse », comme indiqué dans la nouvelle brochure SIA 2032 sur l'énergie grise, publiée en 2020. Lourd signifie généralement beaucoup de CO2. Ceci s'applique également de manière indirecte à la sous-construction : plus le panneau est lourd, plus sa fixation est complexe. Les constructions à double mur sont discutables à l'ère de la crise climatique, des éléments lourds en béton montés en façade non porteuse constituent littéralement du CO2 jeté par la fenêtre. Des constructions en maçonnerie monolithique peuvent au moins relativiser leur émission en gaz à effet de serre élevées par un long cycle de vie. Une enveloppe fine ne devrait pas signifier une enveloppe moins durable. La façade compacte n'est donc pas une bonne solution. Et il n’y a pas que la face extérieure de la façade qui compte. Une sous-structure en métal peut représenter jusqu'à un tiers de l'énergie grise d'un mur extérieur ; si elle est en bois, sa part est négligeable. La brochure SIA conseille une « utilisation modérée des façades en fibre de verre ou en métal », y-compris pour la part des fenêtres.

Enfin, grâce au photovoltaïque, une façade écoresponsable produit de l'électricité, pas seulement pour répondre aux besoins propres. La demande d'électricité va augmenter, entre autres parce que les bâtiments devront être refroidis davantage à l'avenir (réchauffement climatique). Chaque bâtiment peut y contribuer.
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12 les fenêtres : seulement la surface vitrée nécessaire

La proportion des fenêtres dans les bâtiments a augmenté depuis l’époque des Modernes. Alors qu'une proportion de 25 pour cent était normale dans le passé, elle est maintenant souvent deux fois plus élevée. L'architecte fait face à deux problèmes climatiques à la fois. Premièrement, cela augmente les gaz à effet de serre du bâtiment - il y a plus d'énergie grise dans une façade en verre que dans un mur en béton. Deuxièmement, cela a un impact négatif sur le bilan de l’exploitation car il fait de plus en plus chaud (réchauffement climatique). Pour ces deux raisons, on peut affirmer ceci : moins il y a de verre, moins il y a de gaz à effet de serre. Réduisez donc la proportion des fenêtres,  pour autant que les pièces soient toujours agréables et bénéficient de suffisamment de lumière naturelle et de gain thermique en hiver.

Une étude de la Haute école de Lucerne a fait le calcul global liée au climat. La valeur conseillée des ouvertures pour les immeubles de bureaux se situe entre 25 et 50 pour cent de la façade. Cela permet d'économiser 10 pour cent de gaz à effet de serre par rapport à une surface entièrement vitrée. Pour des bâtiments résidentiels, la recommandation est légèrement inférieure, avec 20 à 40 pour cent, parce que la lumière artificielle a moins d’impact. La protection solaire est importante pour l'énergie d’exploitation, mais des balcons ont un impact généralement négatif, qu’ils soient orientés au sud ou au nord.

En ce qui concerne la fenêtre elle-même, c’est le cadre que les architectes doivent réduire autant que possible. Le bois est plus écologique que le plastique ou le métal. Une fenêtre en plastique émet deux fois plus de gaz à effet de serre qu'une fenêtre en bois. Une fenêtre en métal est plus durable, mais ne compense pas l'énergie de production bien plus élevée. Un cadre en bois avec un revêtement métallique peut cependant être efficient, car quelques millimètres d'aluminium augmentent considérablement la résistance aux intempéries et donc la durée de vie de la fenêtre.
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13 Les couches : éliminier et combiner

Les composants qui répandent à plusieurs fonctions à la fois économisent de la matière. Un mur en béton ne fait pas que de porter, il protège également contre les tremblements de terre, isole contre les bruits aériens et assure la protection incendie. Les architectes devraient en revanche, éviter de mettre en œuvre des couches qui ne servent qu’à l'esthétique. Si une cloison légère est revêtue de contreplaqué sur les deux faces, ce doublage pollue davantage l'environnement que la cloison elle-même. Gardez donc les installations apparentes, évitez les plafonds suspendus, les revêtements et les doublages inutiles. Au lieu de cela, laissez le matériau parler de lui-même. La construction faite avec des matériaux nobles et bruts signifie également : les architectes se distancient d’une expression pure et homogène. L'architecture écoresponsable a un visage différent. Moins de couches ne signifie pas nécessairement l’utilisation d’un seul matériau. Les constructions hybrides sont souvent plus efficaces car elles profitent des avantages respectifs de chaque matériau, par exemple dans une dalle composite bois-béton. Par contre, cela rend souvent le recyclage plus difficile.
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14 La préfabrication : ne pas aller chercher trop loin

La production en usine permet des détails plus précis, des composants plus légers, une meilleure qualité, moins de déchets sur le chantier. Tout cela peut aider à réduire un peu les gaz à effet de serre. La préfabrication valorise la construction modulaire, ce qui facilite le réemploi ultérieur. La condition de départ de ces avantages climatiques est néanmoins la suivante : les éléments ne doivent pas être transportés sur des centaines de kilomètres.

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L’efficacité de chaque mesure est évaluée sur une échelle de zéro à cinq points.

Conseils climatiques:
La mission post-fossile
Le mandant – remettre en question
Le bâtiment – l‘efficacité de la boîte
La construction – légère et durable
Les matériaux – utiliser peu, réemployer
L’énergie – la force de la nature
Mise en œuvre – le matériau coûte peu, le travail beaucoup

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